RAJAB SULEIMAN & KITHARA
Zanzibar, 10 musiciens
THE STARS OF CULTURE MUSICAL CLUB



À la découverte des beautés – savantes et capiteuses à souhait – du taarab de Zanzibar : une miraculeuse tradition suspendue entre Afrique, Moyen-Orient, Inde et Europe, ici incarnée par un ensemble qui en modernise et cristallise l’art mélodique. Il y a là l’as du kanoun, Rajab Suleiman, la somptueuse chanteuse Saada Nassor, le prestigieux Foum Faki… Ils sont, au total, 7 musiciens à former Kithara, dont une bonne partie est issue du Culture Musical Club, l’orchestre le plus célèbre de Zanzibar, riche de plus d’un demi-siècle d’existence et dédié au taarab. Cet étrange entraînement de musique orientale et de rythme noir africain né à la fin du XIXe siècle au sein de la bonne société de l’île tanzanienne, quand son sultan y faisait venir des orchestres et des enseignants de musique du Caire et d’Istanbul. Cela a développé les clubs de musiciens et d’amateurs de taarab réunis aussi par un fort lien social, l’entraide, où le soufisme a aussi sa part. Kithara porte cet esprit de société solidaire qui aime les descriptions de l’amour courtois, les joutes de séduction, les ornementations poétiques sur des musiques aux allures symphoniques, une orchestration inspirée des comédies musicales égyptiennes avec violon, oud, derbouka, flûte nay, mais aussi contrebasse, bongos latino-américains ou les tablas qui témoignent de l’influence indienne. Mêlant langueur océane et frénésie continentale, le taarab de Kithara est un brin modernisé avec des arrangements incisifs, moins méditatifs et plus prenants. Délicieux... S’il est un grand spécialiste du taarab, le joueur de qanun Rajab Suleiman s’est aussi initié aux répertoires et techniques des écoles turques, de la musique classique arabe, du jazz ou encore du baroque européen. Avec Kithara, dont il est le fondateur et il est aussi l’auteur de Chungu, album paru en 2013 et huitième volume de la formidable série Zanzibara éditée par le label Buda Musique.